La feuille, fixation, base, apex, nervures

Dans un article précédent, j’ai détaillé le vocabulaire utilisé par les botanistes pour la description de la feuille dans sa globalité. Je vais évoquer maintenant le vocabulaire qui s’applique à certaines parties de la feuille.

La fixation de la feuille sur la tige

Feuille, fixation sur la tige
Feuille, fixation sur la tige

Feuille pétiolée : c’est le cas le plus fréquent, la feuille se rattache à la tige par l’intermédiaire d’un pétiole (du latin « petiolus » = petit pied). Il peut être cylindrique ou semi-cylindrique ou même ailé, c’est-à-dire accompagné d’une membrane mince plus ou moins large qui le borde comme chez Citrus aurantifolia.
Feuille sessile : la feuille sessile n’a pas de pétiole, elle est directement fixée sur la tige. Exemple : Portulaca oleracea.
Feuille embrassante ou amplexicaule : là non plus, pas de pétiole. La base de la feuille entoure plus ou moins la tige. Exemple : Commelina coelestis.
Feuille engainante : la base de la feuille forme une gaine autour de la tige. Exemple : Typha latifolia.
Feuille perfoliée : c’est une forme de feuille embrassante telle qu’il semble que la tige perfore le limbe de la feuille. Exemple : Uvularia perfoliata.
Feuille décurrente : c’est une forme de feuille sessile dont le limbe se prolonge en lame étroite collée sur la tige au-dessous du point d’insertion. Exemple : la consoude Symphytum x uplandicum.
Feuilles connées : deux feuilles sessiles, face à face, soudées par leur base. Exemple : Lonicera japonica.

La bordure du limbe

Feuille - bordure du limbe

Feuille - bordure du limbe

Feuille entière : comme indiqué déjà dans l’article précédent, une feuille entière n’a aucune découpure ni saillie. La bordure du limbe est donc tout à fait régulière et lisse. Exemple : Vaccinium parvifolium.
Feuille dentée : feuille dont le limbe est bordé de dents plus ou moins larges, à angle aigu. Exemple : le rosier, l’églantier (Rosa canina). Si les dents ont la forme de dents de scie, on dit que le bord est serraté. Et si les dents de scie sont très fines, on dit que le bord est serrulé.
Feuille crénelée ou festonnée : Une feuille est crénelée lorsque le limbe est bordé de dents larges, obtuses et arrondies. Exemple : Viola sororia.
Feuille lobée : feuille dont le limbe est découpé en échancrures, obtuses ou arrondies, n’atteignant pas la moitié du demi-limbe. Exemple : Ajania pacifica.
Feuille ondulée : Feuille dont le limbe forme sur ses bords des vagues plus ou moins profondes. Exemple : Asplenium scolopendrium.
Feuille denticulée : comme la feuille dentée, mais avec des dents plus fines. Exemple : Doodia media.
Feuille épineuse : feuille dont le limbe est bordé d’épines. Exemple : la feuille de houx (Ilex aquifolium).

La base du limbe

Feuille - base du limbe

Feuille - base du limbe

Base aiguë : Feuille dont la base du limbe forme un angle aigu.
Base obtuse : Feuille dont la base du limbe forme un angle obtus.
Base arrondie : Feuille dont la base du limbe forme un demi-cercle.
Base atténuée : Indique que le limbe est insensiblement aminci vers sa base.
Base tronquée : Indique que le limbe se termine à la base quasiment à l’horizontale.
Base auriculée : Feuille dont la base du limbe a la forme d’oreilles. Exemple : Quercus robur.
Base cunéiforme : Feuille dont la base du limbe est en forme de coin. En fait, très peu de différence par rapport à la base aigüe évoquée ci-dessus, sauf que l’élargissement dans ce cas va jusqu’au sommet de la feuille, comme un triangle.
Base oblique : Feuille dont la base du limbe est dissymétrique, l’angle avec le pétiole n’étant pas le même de chaque côté. Exemple : Epipremnun aureum ‘Exotica’.
Base asymétrique ou irrégulière : feuille dont la base du limbe présente deux côtés différents. Exemple : feuille de Begonia. ou d’orme (Ulmus.).

L’apex de la feuille

L’apex est le terme botanique pour désigner l’extrémité d’un organe, ici, en l’occurrence, de la feuille. C’est, autrement dit, le sommet de la feuille.

Feuille - formes de l'apex - planche 1

Feuille - formes de l'apex - planche 1

Apex aigu : Feuille dont le sommet du limbe forme un angle aigu.
Apex obtus : Feuille dont le sommet du limbe forme un angle obtus.
Apex arrondi : Feuille dont le sommet du limbe forme un demi-cercle.
Apex atténué : Indique que le limbe est insensiblement aminci vers son sommet.
Apex tronqué : Indique que le limbe se termine au sommet quasiment à l’horizontale.
Apex rétusé : Comme l’apex tronqué, mais en plus légèrement déprimé.
Apex échancré ou émarginé: Feuille dont le sommet offre une entaille en V plus ou moins profonde et arrondie. Exemple : Buxus balearica.
Apex fendu : comme l’apex échancré, mais avec une échancrure plus longue et plus étroite.
Apex caudé : Feuille dont le sommet forme une sorte de queue d’animal.
Apex cirrheux : Feuille dont le sommet forme un début de vrille (quasiment synonyme d’apex vrillé). Exemple : feuille de vigne.
Apex vrillé : Feuille dont la pointe se termine en vrille utilisée pour s’accrocher ou grimper. Exemple : Brionia dioica.

Feuille - forme de l'apex - planche 2

Feuille - forme de l'apex - planche 2

Pour décrire la pointe ultime de la feuille, les botanistes utilisent encore quelques subtilités complémentaires tout en nuances.

Apex mucroné : l’apex forme une pointe raide, dure et non aiguë, comme une sorte de mamelon. Exemple : Westringia rigida.
Apex mucronulé : comme l’apex mucroné, mais le mucron est plus court.
Apex cuspidé : rétrécissement insensible vers une pointe courte, aiguë et rigide. Exemple : Castanea sativa
Apex apiculé : rétrécissement brusque vers une pointe courte, aiguë, mais non rigide, ni effilée.
Apex acuminé : rétrécissement brusque vers une pointe longue et fine. Exemple : Yucca brevifolia
Apex aristé : apex en arête terminale.

La nervation

On appelle nervation la disposition des nervures d’une feuille.

Feuille - nervation

Feuille - nervation

Nervation pennée opposée : c’est une nervation pennée, les nervures sont disposées par paires, l’une en face de l’autre de chaque côté de la nervure médiane.
Nervation pennée alterne : par différence avec la nervation opposée, ici les nervures ne sont pas face à face, mais en alternance de chaque côté de la nervure médiane.
Nervation palmée ou digitée : les nervures partent d’un même point, comme les doigts d’une main.
Nervation pédalée : constituée de trois nervures partant d’un même point, puis se ramifiant sur les nervures latérales en allant toujours vers le bas de la feuille.
Nervation anastomosée : nervures pennées se rejoignant entre elles au niveau de leur sommet.
Nervation uninervée : feuille ayant une nervure unique. Exemple : aiguille de pin.
Nervation transverse : nervures tertiaires reliant les nervures secondaires Exemple : Begonia paulensis
Nervation réticulée : nervures disposées comme les mailles d’un filet.
Nervation dichotome : nervures se divisant en deux branches divergentes, qui elles-mêmes se divisent en deux nouvelles branches et ainsi de suite.
Nervation parallèle ou parallélinervé: : nervures parallèles au sens de la longueur de la feuille. Exemple : fréquent chez les graminées, le poireau.
Nervation en éventail : nervures disposées comme un éventail.
Nervation curvinervée : nervures disposées dans le sens de la feuille, chacune en forme de courbe presque parallèle au bord. Exemple : Funkia subcordata.
Nervation peltée ou radiale : nervures partant d’un point central et disposées comme les rayons d’une roue. Exemple : Begonia paulensis

Phyllotaxie

Le terme phyllotaxie appliqué aux feuilles décrit la disposition des feuilles les unes par rapport aux autres sur la tige.

Feuille - phyllotaxie

Feuille - phyllotaxie

Disposition alterne distique : une seule feuille à chaque noeud, disposition sur un même plan, feuilles en alternance de chaque côté de la tige. Exemple : Cornus alternifolia
Disposition hélicoïdale ou alterne spiralée : une feuille à chaque noeud, l’insertion se fait sur le tracé d’une spirale virtuelle montant sur la tige. Exemple : Haworthia reinwardtii
Disposition opposée distique : deux feuilles à chaque noeud, disposition sur un même plan, feuilles en face à face de chaque côté de la tige. En fait, on rencontre très rarement cette disposition.
Disposition opposée décussée : deux feuilles à chaque noeud, en face à face comme précédemment, mais disposées alternativement sur deux plans perpendiculaires. C’est la disposition habituelle pour les feuilles opposées. Exemple : les feuilles d’ortie.
Disposition verticillée : plus de deux feuilles à chaque noeud. Exemple : Polygonatum verticillatum

Pour préciser la disposition alterne spiralée, on fait usage de l’indice phyllotaxique.

Indice phyllotaxique

Indice phyllotaxique

Prenons un exemple avec la rosette ci-contre : on suit les feuilles dans l’ordre qui est le leur sur la spirale (concrètement, comme on ne voit pas, sur le schéma, le point d’attache des feuilles, elles ont été numérotées dans leur ordre sur la spirale : on part de 1, celle qui la suit sur la spirale en remontant la tige est la 2, ainsi de suite …). On compte le nombre de tours qu’il faut parcourir pour parvenir à la feuille qui se situe exactement à la verticale de celle de départ. Dans le cas présent, on fait 3 tours. On compte le nombre de feuilles rencontrées le long de la spirale avant d’arriver à celle qui est juste au-dessus celle de départ. Dans le cas présent, on compte 8 feuilles. L’indice phyllostatique est donc ici de 3/8.

Voir aussi

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2 Réponses à La feuille, fixation, base, apex, nervures

  1. damien234 6 mai 2012 à 13 h 58 min #

    Merci beaucoup, je prendrais grand soin de ces précieuses informations pour mes études :)

  2. Alma del Sol 23 septembre 2011 à 16 h 19 min #

    Merci beaucoup, sujet bien complet et précis.

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