Un des exercices classiques de tout jardinier au printemps, c’est le désherbage des massifs. Si le terrain est fertile, ce qui est souhaitable bien évidemment pour un jardin, il y a de fortes chances que parmi les herbes non invitées se trouve le mouron.

Mais de quel mouron parle-t-on ? Une nouvelle fois sous le même nom vernaculaire se trouvent plusieurs espèces botaniques différentes, dont je ne citerai que les trois plus courantes :

  • Anagalis arvensis, dit mouron rouge, parce que ses petites fleurs sont rouges
  • Anagalis foemina, dit mouron bleu, parce que ses petites fleurs sont bleues. Ces deux premières espèces sont de la Famille des Primulacées, comme les primevères.
  • Stellaria Media, dit mouron blanc, du fait de ses petites fleurs blanches – vous l’auriez deviné – et appelé aussi mouron des oiseaux, nous verrons tout à l’heure pourquoi. Cette espèce fait partie de la Famille des Caryophyllacées, comme l’oeillet.

    Stellaria media ou mouron blanc ou mouron des oiseaux

    Stellaria media ou mouron blanc ou mouron des oiseaux

C’est cette dernière forme que nous rencontrons surtout dans notre jardin. C’est une annuelle un peu particulière dans la mesure où son cycle végétatif est très court : 7 semaines seulement. C’est-à-dire qu’en 7 semaines, une graine a levé, elle s’est développée, elle a fleuri et elle a formé de nouvelles graines qui vont se ressemer. Quand on sait qu’un seul plant donne de l’ordre de 2000 graines, on ne s’étonnera pas d’apprendre qu’un seul plant peut donner jusqu’à 16 millions de nouveaux plants sur une seule année !

Pour tenter de réduire sa présence, il faut donc intervenir très tôt, avant qu’il n’ait eu le temps de fleurir. Mais à vrai dire, il est très difficile de s’en défaire. Voici quelques unes de ses ruses pour venir à bout de votre patience. La graine supporte sans difficulté des températures négatives pendant de longues périodes. S’il fait trop chaud, les graines de mouron vont entrer en dormance provisoirement pour se réveiller plus tard lorsque le temps sera plus frais. De la même manière, si vous les enfouissez en profondeur, elles se mettent en dormance pour se réveiller, bien conservées, le jour où en bêchant votre jardin vous les remontez en surface. Le mouron a aussi la bonne idée de s’étaler (on peut en faire un bon couvre-sol !). Si en sarclant ou en passant la moto-bêche, vous découpez le mouron en morceaux, sachez que chacune de ses parties a la capacité de s’enraciner.

Une fois le mouron arraché, que peut-on en faire ? Certains diront qu’on peut en faire un engrais vert. Je pense personnellement qu’il y a de bien meilleurs engrais verts. Stelleria media est comestible et peut s’utiliser en salade. Peut-on le mettre sur le compost ? Le risque n’est pas nul qu’il y introduise de la graine que vous allez ensuite répandre dans votre jardin. Il faudrait pour que ces graines soient totalement détruites que le compost chauffe fortement et uniformément, ce qui n’est pas toujours le cas. Pour ce qui nous concerne, nous mélangeons au compost du fumier de cheval ce qui a le grand avantage de bien le faire chauffer. Une autre solution pour détruire les graines consiste à noyer le mouron en le laissant tremper dans de l’eau où il va fermenter avant de verser le tout sur le compost. Mais la meilleure utilisation du mouron, celle que nous utilisons le plus souvent, c’est de le donner à vos volailles si vous en avez. Elles s’en feront un régal ! Ce n’est donc pas pour rien qu’il s’appelle dans le langage courant « mouron des oiseaux ».