C’est seulement à partir de la fin du XVII° siècle que l’on prend conscience de l’existence d’une sexualité chez les plantes (Epistola de Sexu Plantarum, 1694, par Camerarius). Cette sexualité est particulièrement diversifiée dans ses modalités. Les organes sexuels de la plante sont bien connus : les étamines (organe mâle) et les carpelles (organe femelle).

On sait aussi que certaines espèces sont dioïques, ce qui signifie que certains pieds sont mâles et d’autres sont femelles et qu’il faut donc la présence des deux pour obtenir des fruits ou des graines. C’est ainsi que Sébastien Vaillant put obtenir pour la première fois des pistaches sur un arbre (femelle) d’un jardin parisien en le fécondant avec du pollen récolté sur un autre arbre (mâle) dans un autre jardin.

De la même manière, l’if, le ginkgo, le saule, parmi bien d’autres, sont des plantes dioïques avec des pieds soit mâles, soit femelles.

Mais attention aux pièges et aux choses trop simples. Que diriez-vous de la fougère mâle et de la fougère femelle ? Et bien non ! Il n’y a chez la fougère ni mâle ni femelle …

La première, la fougère mâle, s’appelle Dryopteris filix-mas et la seconde, dite fougère femelle, s’appelle Athyrium filix-femina. Il s’agit donc de deux fougères de Genres différents, et par conséquent de deux espèces totalement distinctes. C’est seulement leur allure générale qui a fait qualifier, dans le langage courant, l’une de mâle et l’autre de femelle. L’Athyrium filix-femina a, en effet, une allure plus grêle avec des frondes plus finement divisées, en un mot un aspect plus féminin que Dryopteris filix-mas.

Inutile donc de vous soucier de mettre dans votre jardin, côte à côte, des fougères femelles et des fougères mâles à des fins reproductrices. Les amours de fougères ne sont pas de ce type !