Question posée récemment lors d’une foire aux plantes à l’un des exposants : « cette plante résiste-t-elle au gel ? « 

Réponse : « pas de problème, c’est une vivace » (sic).

Ou encore sur le site d’une grande jardinerie française de renom, à propos d’un Fuchsia annuel (?) : « Non rustiques, ces fuchsias peuvent être conservés l’hiver en véranda ». Ils ne sont pas annuels !

Une nouvelle fois, je constate cette confusion entre plante rustique et plante vivace, qui pourtant sont deux notions fort différentes.

Une plante vivace s’oppose à une plante annuelle. Une plante annuelle vit une année puis disparait définitivement (sauf que le semis peut redonner de nouvelles plantes pour l’année suivante). Une plante vivace va, en général, disparaitre (en apparence) en hiver puis repartir au printemps. Sa racine est pérenne, même si son feuillage ne l’est pas. Elle dure donc plusieurs années si ses conditions de végétation sont respectées.

Une plante rustique est une plante qui résiste au froid. Attention, cette notion est très relative. J’ai entendu des pépinièristes me certifier qu’une plante était rustique, en s’appuyant sur le fait que, chez eux, elle passait l’hiver dehors sans aucun problème. Or ce n’est pas parce qu’une plante passe bien l’hiver dehors à Nantes, qu’elle le passera sans problème au coeur du Morvan. Par ailleurs, en fonction de l’exposition ou de la qualité du drainage, une même plante peut, au même endroit, bien passer ou mal passer l’hiver. Il faut donc bien faire préciser cette notion de rusticité : jusqu’à quelle température négative ? dans quelles conditions de plantation ?

Des plantes vivaces peuvent donc ne pas être rustiques : par exemple, le Pelargonium est une plante vivace (il peut vivre plusieurs années), mais il n’est pas rustique : il faut le rentrer à l’abri pour l’hiver.

Inversement des plantes rustiques peuvent ne pas être vivaces : le pavot de Californie (Eschscholzia californica) est une plante qui résiste bien au gel mais annuelle (heureusement elle se ressème toute seule).