La manière de planter est déterminante pour le bon développement d’un arbre, d’un arbuste ou d’un rosier. J’ai essayé de rassembler ici une petite vingtaine de conseils ou de points à vérifier pour se donner toutes les chances de réussir l’opération.

le bon moment. Certains se demanderont si la lune est bonne. Il me semble qu’il y a des conditions plus importantes à respecter. Ne jamais planter en période de gel, en pleine canicule, ou quand le sol est détrempé (même si la lune est bonne !). Planter plutôt à l’automne pour que le système racinaire puisse commencer à bien s’installer avant que n’arrivent les périodes de sécheresse. De la même manière, planter plutôt au printemps les sujets sensibles au gel, afin que la plante soit déjà bien installée quand arrivent les grands froids. Les sujets en conteneur laissent plus de choix sur la saison de plantation, à condition toutefois que l’on ne soit pas obligé d’intervenir trop sévèrement sur le système racinaire, comme indiqué ultérieurement.

en attendant la plantation. Si pour des raisons climatiques ou personnelles vous ne pouvez pas planter immédiatement, ne laissez pas les racines se dessécher. Le risque est surtout important pour les sujets achetés à racines nues. Il faut les installer immédiatement en jauge dans du sable ou du terreau en recouvrant intégralement les racines et le bas de la tige. Choisir un endroit ombragé pour installer cette jauge.

le bon emplacement. Il n’y a pas de bon emplacement dans l’absolu, mais il y a un bon emplacement pour chaque espèce. Aime-t-elle le soleil, l’ombre ou la mi-ombre ? Supporte-t-elle les vents desséchants ou les vents froids ? Lui faut-il un support ? Quel type de sol lui convient ? Autant d’informations qu’il est nécessaire de récupérer avant de faire le choix de l’endroit. Le mieux est encore de procéder en sens inverse, en partant de l’endroit où l’on veut planter et de se demander quel type de plante conviendrait en cet emplacement.

la bonne distance. Faut-il planter serré ou espacé ? Il existe de très beaux résultats avec des plantations serrées au Jardin du Vastérival par exemple ou à la Pépinière Hennebelle. La nature elle-même a plutôt tendance à « planter serré ». Le sol est ainsi bien couvert, ce qui est une excellente chose. En fait, cela dépend surtout de l’effet recherché. Si l’on veut créer un bosquet, on peut planter plutôt serré. Si l’on veut mettre en valeur un beau sujet à fort développement, il faut le planter en isolé. Dans tous les cas de figure, l’exercice le plus difficile c’est d’oublier la taille actuelle du sujet qu’on installe et d’imaginer sa taille adulte. C’est elle qui déterminera la fourchette de distance à respecter. Exemple avec une envergure adulte de 6 à 10 m, on plantera à 6 m si on choisit de serrer ou à 10 mètres au moins si on choisit de donner de l’espace.

ameublir suffisamment la terre autour des racines. On trouve souvent des recommandations sur la dimension du trou de plantation. L’idée à retenir c’est qu’il ne faut pas que le trou de plantation fasse le même effet qu’un conteneur dans lequel les racines sont prisonnières. Il faut qu’elles puissent s’enfoncer et s’étaler autant qu’elles le souhaitent en toutes directions. Plus que la dimension du trou, l’important est donc de veiller à ce que la terre sous et autour de la plante à installer soit bien meuble. Parfois, il est nécessaire de frayer des chemins aux racines avec une barre à mine !

la bonne profondeur. Même si ce point est le plus facile, force est de constater qu’il n’est pas toujours respecté. La règle est simple : positionner le collet (c’est-à-dire le point de jonction entre les racines et la tige), juste au niveau du sol, ni en-dessous, ni en-dessus. En fait, il s’agit de remettre la plante au même niveau de profondeur que celui qu’elle avait en pépinière, c’est-à-dire à son niveau de profondeur naturel. Un bâton posé en travers du trou de plantation aide à positionner correctement le sujet.

– pour les plantes en conteneur, ne pas oublier de bien faire tremper la motte. Le plus simple est de l’immerger complètement jusqu’à ce qu’il ne sorte plus aucune bulle d’air.

– pour les plantes en conteneur, surtout ne pas laisser les racines tourner en rond. Si les plantes en conteneur présentent l’avantage d’autoriser la plantation pratiquement en toute saison, c’est parce que les racines ne sont pas perturbées par la plantation. Mais l’inconvénient, si la plante a été cultivée trop longtemps dans un conteneur de trop petite taille, c’est que les racines tournent en rond dans le pot. Si vous les laissez dans cet état, la plante ne fera jamais un bon développement, car les racines vont continuer de faire un chignon. Il faut absolument les redéployer, voire les couper pour que le système racinaire puisse repartir dans la bonne direction. Ne pas acheter des plantes dont le chignon est trop entremêlé : elles sont condamnées à végéter ! Il n’est pas rare que le substrat dans le conteneur soit de piètre qualité. Il vaut mieux alors l’enlever avec une griffe. Certaines espèces ne tolèrent pas qu’on dérange leurs racines : c’est le cas des Magnolias, par exemple. Seule solution alors, planter le contenu en l’état en veillant au moment de l’achat à ce que le système racinaire soit de qualité.

– pour les plantes en racines nues, ne pas oublier de praliner les racines. Le pralin est un mélange boueux dans lequel on va tremper les racines afin d’éviter leur assèchement et faciliter l’apparition de radicelles. On trouve dans le commerce du pralin tout prêt, mais on peut aussi le préparer soi-même, avec un mélange de terre argileuse, d’eau et de terreau. Si vous pouvez vous procurer de la bouse de vache à la place du terreau, c’est nettement mieux. Faire un mélange bien fluide et tremper les racines dedans de sorte qu’elles soient complètement recouvertes de pralin avant d’installer la plante.

– pour les plantes en tontine, ne pas défaire la motte. C’est tout l’intérêt de la tontine : elle retient la terre autour des racines, comme dans un pot, mais sans le risque de voir les racines tourner en rond. Il suffit de mettre le tout en l’état dans le trou de plantation.

ne pas oublier les engrais de fond. Une plante a besoin de nourriture. Certains engrais pénètrent bien dans le sol, d’autres moins. Rien ne vaut donc mieux que de mettre de la nourriture en réserve au fond du trou (matière organique ou engrais à libération lente).

pas de fumier frais ou d’engrais au contact direct des racines. Si l’on utilise du fumier, il est indispensable qu’il soit bien décomposé, sinon il pourrait brûler les racines. De la même manière les engrais seront bien mélangés à la terre et recouverts par précaution d’une petite couche de terreau ou de terre.

le tuteur avant de recouvrir les racines de la plante. Ne commettez pas l’erreur de planter le sujet puis le tuteur. Vous risqueriez alors d’abimer les racines en enfonçant le tuteur. Si par contre vous installez le tuteur avant que les racines soient recouvertes, alors vous êtes en mesure de le positionner de telle sorte qu’il n’endommage pas les racines.

ne pas laisser d’air ou de vide. Comme vous le savez, les racines ne se développent pas dans le vide ou dans l’air (sauf exceptions), mais dans la terre. Lorsqu’on plante à racines nues, il faut veiller à bien combler tous les espaces, notamment en dessous. La technique consiste en général à faire une petite butte au fond du trou et à poser les racines sur cette butte, en les étalant bien, puis à recouvrir progressivement en insérant bien la terre dans chaque recoin. Si c’est un peu difficile en raison de la densité du système racinaire, faites le par étapes : mettre une première couche de terre puis arroser : l’eau va entrainer la terre là où vous n’auriez pu facilement la faire glisser; puis deuxième couche et deuxième arrosage et ainsi de suite.

– ne pas tasser au pied. Il est indispensable que les racines soient bien en contact avec la terre. Mais le tassement au pied n’est pas la meilleure technique, car l’effet est inégal entre la zone à la surface qui sera bien tassée (voire trop) et la zone en profondeur qui le sera beaucoup moins. La bonne technique est celle donnée dans le point suivant.

arroser abondamment au goulot. Ne pas arroser en pluie fine, cela ne suffirait pas. L’arrosage à plein goulot ou à plein tuyau permet de bien « plomber » la terre, c’est le meilleur tassement naturel et ainsi la terre colle aux racines, ce qui garantit une bonne reprise.

une bonne cuvette. Pour que l’eau d’arrosage ou l’eau de pluie ne s’écoule pas là où elle n’est pas indispensable, il est nécessaire de constituer une cuvette autour du nouveau sujet planté. Il faut se souvenir alors que ce sont surtout les radicelles à l’extrémité des racines qui vont alimenter en eau la plante. La surface de la cuvette doit donc être au moins égale à celle du système racinaire de départ.

des arrosages réguliers. La première année, et parfois même la deuxième, le système aérien est nettement plus important que le système racinaire. Ce dernier ne suffira pas à compenser l’évaporation de la partie aérienne en période de forte chaleur. C’est pourquoi il est nécessaire d’arroser régulièrement, mais plutôt beaucoup à chaque fois que trop souvent, au moins pendant l’été qui suit la plantation.

un bon binage. L’arrosage, indispensable au début, va avoir pour effet de compacter la terre en surface. Il faudra donc effectuer de temps en temps un bon binage en surface, ce qui fait respirer la terre et les racines. Ne dit-on pas également, à juste titre, qu’un bon binage vaut deux arrosages ?

un bon paillage. Pour garder le bénéfice des arrosages, rien ne vaut un bon paillage tout autour de la plante sur l’ensemble de la surface du système racinaire au moins. Attention toutefois, si vous utilisez de la tonte de pelouse par exemple, à ce que le paillage ne soit pas au contact direct du tronc. Il pourrait en résulter brûlures ou maladies.