Voici 10 conseils pour bien arroser ses plantes :

Pas n’importe quelle eau

Certaines plantes n’apprécient pas du tout le calcaire. Or l’eau du robinet en contient assez souvent. Si vous devez arroser une plante calcifuge, utilisez une eau de pluie. Il existe maintenant de bons dispositifs pour la récupérer et la stocker. A défaut d’eau de pluie, on peut réduire le taux de calcaire de l’eau du robinet en y versant un filet de vinaigre, ou encore en y faisant tremper un pochon de tourbe dont l’acidité corrigera le PH de l’eau.

Attention à la température de l’eau

Pour les plantes d’intérieur ou de serre, il n’est pas bon d’arroser avec une eau froide, car l’écart est trop important entre la température de l’eau et la température ambiante de la plante. Laisser l’eau se mettre à la température ambiante avant de la verser dans les pots.

C’est vrai aussi à l’extérieur lorsqu’il fait chaud et qu’on arrose avec une eau froide venant du puits. Le mieux alors est de disposer d’un réservoir dans lequel on stocke l’eau provisoirement afin qu’elle se mette à bonne température.

Attention aussi aux tuyaux restés en plein soleil. L’eau qu’ils contiennent est chaude, voire très chaude. Il faut, dans ce cas, faire couler un peu d’eau pour retrouver une température acceptable.

Le matin ou le soir

Pour les plantes d’intérieur, on peut arroser à n’importe quel moment de la journée.

Par contre, à l’extérieur, il faut choisir le bon moment pour arroser. Pour éviter une évaporation trop rapide, notamment en été, il faut éviter de le faire en milieu de journée au moment où il fait le plus chaud.

L’arrosage le matin est préférable au printemps ou en automne, car les températures peuvent chuter au cours de la nuit. Or bon nombre de plantes craignent la conjonction de l’humidité et du froid.

En été, à l’inverse, il vaut mieux arroser le soir. L’eau aura le temps de bien pénétrer au cours de la nuit et l’évaporation en sera réduite d’autant.

La bonne fréquence

La fréquence d’arrosage varie selon les conditions météorologiques et les besoins des plantes. Il n’y a donc pas de rythme standard. Deux indicateurs nous aident à trouver la bonne fréquence :

  • l’allure de la plante : des feuilles ou des tiges qui retombent signalent immanquablement une demande d’arrosage.
  • le doigt dans la terre : si vous ne parvenez pas à trouver un signe d’humidité, il est temps d’arroser.

Il existe aussi maintenant des testeurs d’humidité qui donnent, lorsqu’on les enfonce dans la terre, le taux d’humidité du sol.

Pour les plantes d’intérieur ou de serre, il faut réduire la fréquence d’arrosage en hiver. Les plantes succulentes, notamment, peuvent se passer d’arrosage pendant une bonne partie de l’hiver. Les plantes à feuillage persistant ont plus de besoins en hiver que les plantes à feuillage caduc.

Un point important à retenir : une plante se remet en général facilement d’une insuffisance temporaire d’arrosage, mais elle peut mourir d’un excès. Dit autrement, il est plus facile d’ajouter de l’eau à une plante que d’en enlever.

Lorsqu’on compose un massif ou une jardinière, il est préférable d’associer des plantes qui ont des besoins similaires en arrosage, sinon certaines risquent d’être trop arrosées ou d’autres pas assez.

A boire, mais aussi à manger

Chaque arrosage lessive un peu plus le sol, ce qui diminue le pourcentage d’éléments nutritifs à disposition de la plante. C’est pourquoi il faut de temps en temps ajouter un peu d’engrais à l’eau d’arrosage. Il faut, bien sûr, adapter la quantité et le type d’engrais aux besoins de la plante. D’où l’importance de bien connaître sa plante et ses besoins spécifiques.

Attention, ne jamais mettre de l’engrais sur un sol trop sec. Cela pourrait brûler la plante. Faire d’abord un premier arrosage sans engrais pour ré-humidifier le sol, puis le lendemain faire un apport d’engrais.

Ne pas arroser le feuillage

Arroser le feuillage fait courir deux risques :

  • tout d’abord, le risque de maladies et notamment de maladies cryptogamiques dues à des champignons ou de pourriture sur des feuillages duveteux.
  • le risque de brûlure ensuite, en raison des fines gouttelettes qui restent sur les feuilles et qui font loupe sous le soleil.

Pour éviter d’arroser le feuillage, on arrose au goulot ou en faisant tremper le pot

Il est cependant parfois utile d’arroser le feuillage, notamment pour nettoyer la poussière ou, sur la côte, les traces de sel. En intérieur, un bassinage du feuillage est également bénéfique lorsque l’hygrométrie est trop faible en raison du chauffage.

Le goutte-à-goutte

C’est une technique d’arrosage qui présente de nombreux avantages :

  • pas de gaspillage, l’eau est apporté au bon endroit
  • l’eau pénètre doucement dans le sol sans risque de ruissellement.
  • le feuillage n’est pas mouillé, le tuyau peut être légèrement enfoui sous terre.
  • possibilité de régler le débit de chaque goutteur en fonction des besoins.

On peut aussi les commander par l’intermédiaire d’un programmateur. Mais le système n’est vraiment performant que s’il est couplé avec un testeur, sinon il risque d’arroser même quand c’est inutile.

Paillez

L’eau peut être rare et coûter cher. Il y a donc tout intérêt à réduire les besoins en arrosage grâce au paillage.

Les solutions sont multiples et souvent esthétiques. Il ne faut donc pas s’en priver. Le paillage apporte souvent, par ailleurs, d’autres bénéfices : il empêche ou réduit la poussée des herbes indésirables, il peut fournir de la matière organique en se décomposant.

Atteindre les racines

C’est par les racines que la plante absorbe l’eau. Il est donc primordial que l’eau puissent atteindre les racines. Il en résulte plusieurs bonnes pratiques.

Tout d’abord, il vaut mieux, en général, arroser abondamment plutôt que souvent. Un arrosage abondant va pénétrer plus profond, alors qu’un petit arrosage, même fréquent n’humidifiera que la surface. Pour que la plante puisse mieux résister à la sécheresse, il faut l’inciter à pousser ses racines en profondeur. Un arrosage fréquent en surface fait tout le contraire.

Pour faciliter la pénétration en profondeur, il est bon de placer, au moment de la plantation d’un arbre, une gaine de drainage qui descend jusqu’au niveau le plus bas des racines. Il suffira ensuite de verser l’eau dans cette gaine pour qu’elle pénètre bien jusqu’aux racines.

De la même manière pour des plantes de dimension plus modeste une bouteille en plastique retournée et sans fond, enfoncée au pied de la plante, permet d’apporter l’eau au bon endroit sans perte aucune.

Pour un arbre ou un arbuste, il faut arroser à la périphérie et non au pied. En effet, le système racinaire a, en général, à peu près le même périmètre que la partie aérienne et les poils absorbants sont aux extrémités des racines.

Sur sol qui ne pompe pas

Lorsque le sol est trop sec et poussiéreux, l’eau ne pénètre pas bien. Elle coule sur la terre. Il faut dans ce cas s’y prendre à plusieurs fois. Un premier arrosage très léger vise juste à ré-humidifier la surface. Quelques heures plus tard, on fait un deuxième arrosage qui doit commencer à pénétrer un peu mieux. Si nécessaire, on recommence une troisième fois le lendemain.

Dans les pots, la tourbe sèche est très difficile à ré-humidifier. On peut essayer de faire tremper le pot. Si ça ne suffit pas, la seule solution sera de changer complètement le substrat, en veillant à ne pas trop abimer les racines.